De Borman, Sandrine

Residencia 2020
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Category
Residència 2020
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Sandrine de Borman
«HERBIER DE RESILIENCE»

Quan vaig llegir la cita d’Anne Whiston Spirin al lloc web de CACIS, em va fer ressò immediatament
Preocupació actual com a artista atent a aquesta urgència per tornar a connectar-me / el món natural. Tinc
encara a les orelles una recent conferència del biòleg Gauthier Chapelle on va presentar la collapsologia (de
Colapse llatí, «que va caure en una sola peça») com «l’exercici transdisciplinari en l’estudi del col·lapse de la nostra civilització industrial i del que podria succeir-la, a partir dels dos modes cognitius que hi ha raó i intuïció i sobre treballs científics reconeguts «(Servigne & Stevens, 2015). Ecologia, economia, antropologia, psicologia, geografia, agricultura, geopolítica, arqueologia, història, salut, art …
Es tenen en compte en cas d’emergència per crear, segons ell, “illes de resiliència” per preparar-se per a la crisi. En aquests illots, passaríem d’un model basat en la competència, el malbaratament de recursos naturals, la separació entre ells d’altres i amb naturalesa a un model basat en l’ajuda mútua, la preservació dels recursos naturals i la reconnexió amb la natura.

La resiliència és la capacitat d’un ésser viu o d’un sistema per recuperar l’equilibri després d’estar estressat. El
la societat capitalista consumista causa massa estrès a tots els éssers vius (tant humans com plantes) manca de consideració de la singularitat i la sacralitat de cada persona. La creació d’un herbari de resiliència
destacaria les plantes gairebé desaparegudes i retornades, els usos de les plantes pèrdues i trobades, plantes que permeten a alguns humans experimentar una forma de resiliència, totes dues psicològic que ecològic. (a sota, incubadora de la humanitat, mapa d’herbari del projecte TERA)

Pépinières d’humanité, trementinaires et Cacis
En 2018, j’ai commencé un projet artistique de long cours que j’ai intitulé » Pépinières d’humanité» (cfr site). Par
une immersion dans des lieux où les relations humaines et avec la nature sont prioritaires, je souhaitais faire écho par
des créations, ( herbier, carte-herbier…) de ces alternatives au modèle dominant. J’aimerais poursuivre ce travail en
2019 et 2020 en lui ajoutant l’idée d'»îlots de résilience» et exposer aussi quelques résultats ici.
Je pense que CACIS est un lieu intéressant pour travailler ce thème. Je suis par exemple fort intéressée par les
trementinaires , ces femmes qui, face à la crise économique, créent un nouveau modèle d’économie familiale basé
sur les plantes médicinales, parcourant la région pour transmettre leurs remèdes jusqu’en 1982. Et j’aimerais inclure
dans l’herbier du lieu quelques plantes qu’elles utilisaient. Je pense que d’autres éléments vont émerger aussi dans ce
lieu, et que CACIS est peut-être aussi un «îlot de résilience» où se réactive sur un territoire le lien avec la nature, de
manière pluridisciplinaire incluant géologie, histoire, architecture, art, artisanat, botanique, energies
renouvellables…dans sa volonté de » estimular la discusión, crítica y reflexión necesaria para buscar una nueva visión
de la realidad, fomentando la sostenibilidad como estrategia de reforma. » (extrait du site internet)

Géopoétique et observation de chaque végétal comme original
» C’est en apprenant à voir en chaque herbe un individu original irremplacable et porteur de vie que l’homme peut
s’apprendre lui-même et comprendre qu’il en va là de la reconnaissance de sa propre vie. «, écrit Denise Le Dantec (
l’Encyclopédie poétique et raisonnée des herbes ).
La phytopression (cfr ci-contre et site internet ) permet d’observer certains détails de chaque plante. C’est elle que
j’utiliserai pour l’herbier ainsi que les noms en latin, catalan, espagnol/français…et certaines notes sur la plante.
C’est aussi en reliant chaque plante à la culture humaine, à sa géographie et son histoire, à ses usages, à sa poésie…que la dimension géopoétique de notre environnement peut s’ouvrir.
En effet, depuis une dizaine d’années, je m’intéresse et participe à des projets de géopoétique comme l’atelier de
géopoétique du Québec, la Traversée. Kenneth White définit la géopoétique comme une «Tentative d’ouvrir un
nouvel espace culturel en revenant à ce qui constitue la base même de la culture, à savoir le rapport entre l’esprit humain et la Terre, ainsi que le développement de ce rapport sur les plans intellectuel, sensible et expressif».
Certains éléments de la géopoétique, qui lie arts et sciences, résonnent avec les trois étapes de la démarche de création que j’aimerais développer à Cacis avec le projet ‘herbier de résilience’ :
1. l’immersion géopoétique dans le territoire, la mise en mouvement du corps avec éveil des ressentis physiques
du lien à la terre, au bâti, au végétal printanier : attention aux odeurs, aux vents, aux sensations liées à la
marche, au toucher des matières…
2. le glanage de végétaux choisis par des usagers locaux, liés aux trementinaires , ou que je choisis , et leur mise
en empreintes sur le tissu ou sur papier pour créer un herbier de résilience, et une carte-herbier du lieu.
3. la mise en lien des plantes glanées dans un cadre plus large, médicinale et historique : investigation autour
des plantes, de leurs noms et de leurs particularités botaniques et autres, références historiques, création
d’herbier commenté, cartographie…Visite au Museu de las trementinaires